Il y a une expérience qu’on peut faire chez soi, avec de l’eau distillée et un congélateur propre. Refroidissez l’eau lentement, sans la secouer, en évitant toute impureté qui servirait de germe de nucléation. À moins dix, moins quinze degrés, elle reste liquide. Elle a tout d’une eau normale, transparente, mobile, buvable sauf qu’elle est thermodynamiquement condamnée. Le moindre choc, la moindre poussière, et elle se fige en une fraction de seconde. Les physiciens appellent cela un état métastable : un système qui ressemble à un équilibre, qui se comporte comme un équilibre, mais qui n’est en réalité qu’un plateau cinétique, un sursis accordé par l’absence d’un déclencheur. Ce n’est pas un état stable au sens thermodynamique : c’est un état piégé, en attente.
Je crois que c’est exactement ce que nous sommes en train de prendre pour de la « nature humaine ». Un plateau cinétique. Un sursis. Et l’intelligence artificielle n’est pas le grain de poussière qui vient de l’extérieur perturber un liquide par ailleurs stable, elle est la preuve rétrospective que le liquide n’avait jamais cessé d’être en sursis.
L’illusion de l’essence
Depuis Aristote, la philosophie occidentale cherche l’ergon de l’homme, sa fonction propre, ce vers quoi il tend par nature, ce dont l’accomplissement constitue son eudaimonia, son épanouissement. Toute l’architecture conceptuelle du « flourishing » contemporain, des capabilities de Nussbaum et Sen jusqu’aux discours managériaux sur le bien-être au travail, hérite silencieusement de cette prémisse : il existerait une fonction stable à optimiser, une cible fixe vers laquelle pointer nos politiques, nos thérapies, nos technologies. On peut discuter de ce que cette fonction contient autonomie, relations, sens, santé mais on ne discute presque jamais du fait qu’elle soit, qu’elle ait une consistance suffisante dans le temps pour mériter d’être visée.
Or voici le problème : Homo sapiens existe depuis environ trois cent mille ans sous une forme anatomiquement quasi identique à la nôtre. Le génome humain a très peu bougé depuis. Mais ce que nous appelons « l’humain », ses désirs, ses institutions, sa cognition, ses formes d’attachement, sa relation au temps et à la mort a traversé des métamorphoses vertigineuses en une fraction infime de cette durée. L’anthropologue cognitif Merlin Donald dont j’affectionne beaucoup les travaux a proposé une cartographie de ces ruptures : une cognition épisodique partagée avec les grands singes, puis une culture mimétique (gestes, rituels, imitation corporelle) apparue avec Homo erectus, puis une culture mythique portée par le langage articulé, puis enfin une culture théorique, externalisée, rendue possible par l’écriture et les supports symboliques extérieurs au cerveau : tablettes, livres, bibliothèques, aujourd’hui serveurs. Chacune de ces transitions n’a quasiment rien changé au génome. Chacune a en revanche reconfiguré de fond en comble ce que signifiait être humain, penser, désirer, se souvenir.
Ce que Donald décrit sans le nommer ainsi, c’est une succession de fenêtres métastables. Chaque plateau a duré assez longtemps pour que les hommes qui y vivaient le prennent pour l’ordre naturel des choses, assez longtemps pour engendrer des philosophies entières convaincues d’avoir touché l’essence humaine, alors qu’elles décrivaient un instantané.
Deux horloges, un seul organisme
La biologie évolutive distingue depuis les années 1970 la sélection génétique et la sélection culturelle, mais c’est avec Robert Boyd et Peter Richerson sur la coévolution gènes-culture que cette distinction a acquis toute sa force explicative. Leur thèse se formule ainsi : les humains sont le seul animal connu chez qui un second système héréditaire, la transmission culturelle, s’est mis à évoluer à une vitesse suffisante pour rivaliser, puis dépasser, la transmission génétique.
Prenons un exemple canonique de leur école : la persistance de la lactase. Il y a environ dix mille ans, dans certaines populations d’Europe du Nord et d’Afrique de l’Est, une mutation permettant de digérer le lait à l’âge adulte s’est répandue à une vitesse remarquable pour l’échelle biologique quelques millénaires. Remarquable, mais dérisoire comparée à la vitesse à laquelle la pratique de l’élevage laitier, elle, s’est diffusée : quelques générations. La culture a créé la niche (des troupeaux, du lait disponible), et le gène a couru derrière, avec des millénaires de retard structurel. C’est le paradigme même du « Baldwin effect » revisité : le comportement précède et façonne la pression de sélection biologique, au lieu de la suivre.
Ce décalage, en soi, n’est pas nouveau, il est constitutif de notre espèce depuis l’invention du feu, qui a externalisé une partie de la digestion hors du corps et permis, selon Richard Wrangham, l’expansion du cerveau humain sans modification correspondante de l’appareil digestif. Ce qui est nouveau, c’est le rapport entre les deux horloges. Pendant l’essentiel de notre histoire, même si la culture évoluait plus vite que les gènes, l’écart restait absorbable : quelques siècles pour une innovation technique majeure (l’agriculture, l’écriture, la métallurgie), quelques dizaines de générations pour qu’un ajustement biologique partiel s’amorce. Le système oscillait, mais il restait couplé.
Ce couplage s’est rompu sous nos yeux. Entre l’imprimerie de Gutenberg et la machine à vapeur, il s’écoule trois siècles. Entre la machine à vapeur et l’électricité industrielle, un siècle. Entre le transistor et le smartphone connecté à un modèle de langage, moins d’un siècle. Chaque intervalle se contracte selon une loi que Ray Kurzweil a formalisée, non sans naïveté technologique, mais dont l’intuition de fond une accélération super-exponentielle du taux de changement culturel est aujourd’hui difficile à contester empiriquement, quelle que soit l’opinion qu’on ait de ses prophéties transhumanistes. Nous sommes désormais dans une configuration où le génome humain n’a statistiquement aucune chance de suivre le rythme des mutations de son environnement cognitif. L’horloge culturelle ne court plus à côté de l’horloge biologique : elle l’a distancée au point que la seconde est devenue, à toutes fins pratiques, immobile.
Le mésajustement comme symptôme, pas comme accident
C’est ici qu’intervient un concept qui est encore trop souvent cantonné à la vulgarisation évolutionniste : le « mismatch », le mésajustement évolutif. Invoqué d’ordinaire pour expliquer l’épidémie mondiale d’obésité, un système de récompense dopaminergique calibré par des millions d’années de rareté calorique, projeté brutalement dans un environnement de sucre et de graisse disponibles à volonté. Ou pour expliquer certaines pathologies de l’attention, un cerveau optimisé pour détecter le mouvement dans les hautes herbes de la savane, submergé par des flux de notifications conçus, précisément, pour exploiter cette vulnérabilité ancestrale. Ces exemples sont généralement présentés comme des anomalies, des frictions ponctuelles entre une nature stable et une culture qui aurait mal tourné, ce qui a mon sens présente quelques limitations. Je propose de les lire autrement : non comme des accidents de parcours, mais comme les symptômes cliniques d’un phénomène plus général : la fermeture progressive de la fenêtre métastable elle-même. Le mésajustement n’est pas l’exception qui confirme la stabilité de la nature humaine ; il est la règle qui révèle son inexistence.
Stephen Jay Gould et Niles Eldredge ont introduit en 1972 le concept d’équilibre ponctué pour décrire la dynamique de l’évolution biologique elle-même : de longues périodes de stase apparente, ponctuées de courtes phases de changement rapide et radical, souvent déclenchées par une rupture d’équilibre écologique. Leur modèle visait le registre fossile des espèces marines. Mais son intérêt heuristique dépasse largement son objet initial : il nous apprend que la stase n’est jamais la norme profonde d’un système vivant, seulement son apparence pendant les phases où les forces de changement sont temporairement contenues. Ce que nous vivons aujourd’hui, à l’échelle de l’histoire culturelle humaine, ressemble structurellement à une ponctuation, sauf que cette fois, le moteur du changement n’est plus une météorite ou une glaciation, mais une espèce qui a elle-même construit l’accélérateur.
C’est le concept de « niche construction », développé par John Odling-Smee, Kevin Laland et Marcus Feldman, qui permet de fermer la boucle. Les organismes ne subissent pas passivement leur environnement : ils le modifient, et ces modifications deviennent à leur tour des pressions de sélection pour les générations suivantes les castors qui construisent des barrages transforment l’écologie hydrique dans laquelle leurs descendants devront survivre. L’espèce humaine est le cas paroxystique de niche construction jamais observé dans l’histoire du vivant : nous ne modifions plus seulement notre environnement physique, nous modifions notre environnement cognitif, le paysage informationnel, symbolique, algorithmique dans lequel nos enfants apprendront à penser. Et cette niche que nous construisons évolue désormais plus vite que n’importe quelle génération humaine ne peut s’y adapter biologiquement, ou même psychiquement.
L’IA n’est pas l’agent, elle est le révélateur
C’est ce cadre qui permet, je crois, de repositionner correctement l’intelligence artificielle dans ce récit, non comme une force extérieure venue menacer un ordre humain préexistant, mais comme le symptôme le plus net à ce jour de la dynamique déjà à l’œuvre depuis l’invention de l’écriture. Merlin Donald décrivait l’écriture comme le moment où la mémoire humaine s’est partiellement externalisée dans des supports matériels, la fameuse « mémoire de stockage symbolique externe ». Ce qui distingue le moment présent, ce n’est pas l’externalisation elle-même, déjà vieille de cinq mille ans, mais son autonomisation. Un livre ne fait rien tant que personne ne le lit. Un modèle de langage, lui, génère, recombine, anticipe, et de plus en plus, agit. Il ne se contente plus de stocker la mémoire culturelle, il la traite activement, à une vitesse et une échelle qu’aucun cerveau biologique ne peut égaler.
Nous avons construit, en l’espace de quelques décennies, un système qui fait à la culture ce que la culture, depuis dix mille ans, faisait déjà aux gènes : la distancer de manière irréversible. La culture court plus vite que la biologie depuis l’agriculture ; l’IA court désormais plus vite que la culture elle-même, au sens où elle recombine, produit et diffuse des artefacts symboliques : textes, images, code, raisonnements à une cadence qui excède la capacité d’assimilation cognitive et institutionnelle des sociétés humaines. Nous sommes en train d’ajouter une troisième horloge à un système qui peinait déjà à faire coexister les deux premières. Et cette troisième horloge, contrairement aux deux autres, n’est plus bornée par aucune limite biologique, ni la vitesse de division cellulaire, ni celle de l’apprentissage d’un enfant, ni même celle, jusqu’ici contraignante, du temps de calcul d’un cerveau humain.
Voilà pourquoi je pense qu’il faut résister à la métaphore dominante : celle de l’IA comme « menace externe » à une nature humaine qu’il faudrait défendre, sanctuariser, préserver dans une sorte de réserve anthropologique. Cette métaphore présuppose exactement ce qu’elle prétend défendre : une essence stable, antérieure et extérieure à la dynamique historique qui l’a produite. Mais si l’argument développé ici tient, il n’y a rien à défendre au sens d’un état à figer, parce qu’il n’y a jamais rien eu de figé, seulement des plateaux cinétiques successifs, dont la durée moyenne se contracte de façon systématique depuis l’apparition du langage articulé.
Optimiser une photographie floue
Revenons, pour finir, à la notion de flourishing. Tout projet d’épanouissement humain qu’il soit porté par la philosophie morale, la psychologie positive, la médecine préventive ou les politiques publiques de bien-être suppose implicitement qu’il existe une cible suffisamment stable pour qu’on puisse orienter des efforts vers elle sur une échelle de temps significative : une génération, un siècle, une civilisation. C’est cette supposition même que l’argument de la fenêtre métastable met en crise. Si la « nature humaine » que nous cherchons à épanouir est elle-même un objet en transformation rapide, un objet dont la vitesse de transformation dépasse désormais la vitesse à laquelle nous pouvons même la décrire correctement, alors chercher à l’optimiser revient à faire de la mise au point sur une photographie d’un objet en mouvement : plus on affine le réglage, plus le sujet s’est déjà déplacé.
Cela ne signifie pas que la question du bien-être humain devienne vaine, ce serait un contresens paresseux et malhonnête pour moi qui suis très attaché à la question. Cela signifie qu’elle doit changer de grammaire : passer d’une ontologie de l’essence à une ontologie du régime, du taux, de la dynamique. La question pertinente n’est peut-être plus « qu’est-ce qui fait flourish l’humain ? », comme s’il s’agissait d’une fonction fixe à résoudre une fois pour toutes, mais « à quelle vitesse un système cognitif, social, biologique peut-il absorber le changement sans se désintégrer ? » une question thermodynamique plus qu’essentialiste, une question de cinétique plus que de finalité. C’est un déplacement conceptuel proche de celui qu’Ilya Prigogine a imposé à la physique en étudiant les structures dissipatives : des systèmes qui ne trouvent pas leur ordre dans un équilibre statique, mais dans leur capacité à maintenir une forme cohérente au sein même d’un flux d’énergie et de matière qui les traverse continuellement. Peut-être que l’humain n’a jamais été un équilibre à préserver, mais un tourbillon à entretenir, une forme qui n’existe que tant qu’elle continue de se transformer à un rythme qu’elle peut encore métaboliser.
La fenêtre qui se referme
Il reste une dernière torsion à cette histoire. L’eau surfondue de notre expérience initiale ne se transforme pas en n’importe quoi : sa métastabilité cède devant un déclencheur précis, et l’issue : la glace, est déterminée par les lois qui gouvernaient déjà le liquide en sursis. Rien ne garantit qu’il en aille de même pour nous. La fenêtre métastable que nous avons appelée, par commodité rétrospective, « nature humaine », n’a jamais été gouvernée par une seule loi mais par la coexistence provisoire de deux horloges désynchronisées. Nous venons d’en ajouter une troisième, dont nous ne savons ni la vitesse limite, ni la direction, ni même si elle demeurera couplée aux deux premières ou si elle achèvera de les rendre insignifiantes. Ce n’est pas un motif de panique, l’histoire de l’évolution est faite de fenêtres qui se referment et d’autres qui s’ouvrent, de stases qui se rompent et de formes nouvelles qui trouvent, à leur tour, un plateau où se stabiliser un temps. Mais c’est, je crois, un motif suffisant pour abandonner l’idée que nous protégeons quelque chose d’ancien quand nous parlons de nature humaine. Nous ne protégeons rien : nous habitons, comme toutes les formes vivantes avant nous, un sursis et le luxe historique inédit qui nous est offert, pour la première fois peut-être depuis l’invention du langage, c’est de le savoir pendant qu’il dure encore.
Bibliographie commentée
Pour prolonger la lecture de l’article. Chaque référence est accompagnée d’un résumé et d’un lien vers une source consultable en ligne.
L’idée d’une fonction humaine stable (telos)
Aristote, Éthique à Nicomaque (IVe siècle av. J.-C.) Le texte fondateur de l’idée qu’il existerait un ergon, une fonction propre de l’humain dont l’accomplissement constituerait le bonheur (eudaimonia). C’est cette hypothèse d’une cible fixe que l’article interroge. Texte intégral : https://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0053
Martha Nussbaum, Creating Capabilities: The Human Development Approach (Harvard University Press, 2011) Version contemporaine de l’approche par les capabilités, héritière directe du cadre aristotélicien. Elle permet de voir que le vocabulaire actuel du flourishing reconduit, sans le formuler, l’hypothèse d’une nature stable à réaliser. Page : https://www.hup.harvard.edu/books/9780674072350
Amartya Sen, Development as Freedom (Knopf, 1999) Prolongement économique et politique de la même approche : les capacités humaines y sont traitées comme une cible relativement stable des politiques publiques. Fiche et extraits : https://en.wikipedia.org/wiki/Development_as_Freedom
La coévolution gènes-culture
Peter J. Richerson et Robert Boyd, Not by Genes Alone: How Culture Transformed Human Evolution (University of Chicago Press, 2005) L’ouvrage central de l’article. Il formalise la théorie de l’héritage double gènes et culture comme deux systèmes de transmission distincts et explique pourquoi le second peut évoluer bien plus vite que le premier. Page éditeur : https://press.uchicago.edu/ucp/books/book/chicago/N/bo3615170.html Texte intégral (archive) : https://archive.org/details/notbygenesaloneh0000rich
Pascale Gerbault et al., « Evolution of Lactase Persistence: An Example of Human Niche Construction », Philosophical Transactions of the Royal Society B, 366(1566), 2011, p. 863-877. L’étude de référence sur la persistance de la lactase, utilisée dans l’article pour illustrer le décalage entre la vitesse d’une pratique culturelle (l’élevage laitier) et celle de l’adaptation génétique correspondante. Article (DOI) : https://doi.org/10.1098/rstb.2010.0268
James Mark Baldwin, « A New Factor in Evolution », The American Naturalist, 30(354), 1896, p. 441-451. L’article fondateur de ce qu’on appelle aujourd’hui l’« effet Baldwin » : un comportement acquis qui précède et oriente la sélection génétique, préfigurant d’un siècle les modèles de coévolution gènes-culture. Texte intégral (DOI) : https://doi.org/10.1086/276408 Version libre d’accès : https://archive.org/details/jstor-2453130
Les paliers cognitifs et l’externalisation de la mémoire
Merlin Donald, Origins of the Modern Mind: Three Stages in the Evolution of Culture and Cognition (Harvard University Press, 1991) La cartographie des quatre régimes cognitifs épisodique, mimétique, mythique, théorique qui sert de colonne vertébrale à l’article : chaque transition reconfigure la cognition humaine sans toucher au génome. Page éditeur : https://www.hup.harvard.edu/books/9780674644847 Texte intégral (archive) : https://archive.org/details/originsofmodernm001
Terrence Deacon, The Symbolic Species: The Co-evolution of Language and the Brain (W. W. Norton, 1997) Perspective complémentaire à Donald sur la coévolution du langage et du cerveau ; utile pour approfondir la partie de l’article consacrée au langage articulé. Fiche éditeur : https://wwnorton.com/books/9780393317541
Richard Wrangham, Catching Fire: How Cooking Made Us Human (Basic Books, 2009) Source de l’exemple de la cuisson comme première externalisation métabolique, ayant permis l’expansion du cerveau humain sans modification correspondante de l’appareil digestif. Page éditeur : https://www.hachettebookgroup.com/titles/richard-wrangham/catching-fire/9780465020416/
La dynamique de l’évolution biologique
Niles Eldredge et Stephen Jay Gould, « Punctuated Equilibria: An Alternative to Phyletic Gradualism », in T. J. M. Schopf (dir.), Models in Paleobiology, Freeman Cooper & Co., 1972, p. 82-115. L’article fondateur du modèle de l’équilibre ponctué de longues stases interrompues par de brefs épisodes de changement rapide transposé dans l’article à l’histoire culturelle humaine. Texte intégral (archive) : https://archive.org/details/B-001-004-118 Version PDF alternative : https://www.blackwellpublishing.com/ridley/classictexts/eldredge.pdf
John Odling-Smee, Kevin N. Laland et Marcus W. Feldman, Niche Construction: The Neglected Process in Evolution (Princeton University Press, 2003) La source du concept de niche construction : les organismes modifient leur environnement, ce qui redéfinit à son tour les pressions de sélection subies par leurs descendants. Appliqué dans l’article à la niche cognitive que l’humain construit pour lui-même. Page : https://press.princeton.edu/books/paperback/9780691044378/niche-construction
Métastabilité et systèmes dynamiques
Ilya Prigogine et Isabelle Stengers, La Nouvelle Alliance : métamorphose de la science (Gallimard, 1979 ; trad. anglaise Order Out of Chaos, Bantam, 1984) Source du concept de structures dissipatives, mobilisé en conclusion de l’article pour proposer de penser l’humain comme un régime à entretenir plutôt qu’une essence à préserver. Fiche et éditions : https://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-des-idees/La-nouvelle-alliance
Pour l’analogie initiale de l’eau surfondue : tout manuel de chimie physique traitant de la nucléation homogène/hétérogène convient voir par exemple P. W. Atkins, Physical Chemistry, Oxford University Press. Explication grand public de la surfusion : https://en.wikipedia.org/wiki/Supercooling
Accélération technologique et unités culturelles
Ray Kurzweil, The Singularity Is Near: When Humans Transcend Biology (Viking, 2005) Source de la loi des retours accélérés. L’article en retient l’intuition empirique la contraction mesurable des intervalles entre innovations majeures sans reprendre les prophéties transhumanistes qui l’accompagnent. Fiche éditeur : https://www.penguinrandomhouse.com/books/259958/the-singularity-is-near-by-ray-kurzweil/
Richard Dawkins, The Selfish Gene, chap. 11 (Oxford University Press, 1976) L’origine du concept de mème, en arrière-plan de la réflexion sur la culture comme second réplicateur. Page éditeur : https://global.oup.com/academic/product/the-selfish-gene-9780198788607
Susan Blackmore, The Meme Machine (Oxford University Press, 1999) Prolongement de Dawkins, utile pour qui veut approfondir la question de l’autonomisation des unités culturelles évoquée à propos de l’IA en fin d’article. Page éditeur : https://global.oup.com/academic/product/the-meme-machine-9780199299737

